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Sydney, l’orgie textile

Sydney, l’orgie textile

Quand la mode est capitale, elle s’instaure à Sydney dans les stores et les allures émancipées. De la relique rétro au style classique dans les métros, les habitants de la ville sont les clichés d’un catalogue érotique du textile, donnant cet orgasme aux promeneurs de la sérendipité visuelle. Bien loin du modèle français sage, parisien et bien éduqué, les australiens sont-ils des iconoclastes du shopping ? 

 

Ma vie Australienne posa ses valises dans le quartier de Newtown, et c’est dans une normalité non assumée que j’assistais au défilé des passants : des plateformes de huit centimètres aux derbys en cuir bien cirées, à tel point que la lumière se reflète dans tes pupilles d’enfant possédé.

Le vêtement est régressif ici tout est permis : du legging doré à paillettes aux chaussettes imprimées Hello Kitty en dehors de bottines Blundstone, ces bottes de Britanniques typiquement australiennes dont les locaux raffolent, plus que ces pâles UGG qui feraient un carton outre-mer. De même que l’on n’a jamais vu autant de jambes à l’air attendant le ticket aller pour être en l’air sous des jupes aussi courtes qu’un secret bien gardé. Mais la magie de la ville est bien là : pas de jugements, aucune critiques, aucune place pour ton avis bien trop pédant de français troublé par les fantaisies de la vie d’artiste.

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Et si Sydney est à la mode ce que l’Art est à Melbourne c’est que le vêtement se consume autant qu’il se consomme : de la boulimie alimentaire à la boulimie textile, cette ville est une grande cuvette aux myriades de couleurs, de matières, de choix mais aussi de tarifs qui vont titiller la générosité de ton compte en banque.

Car ce qui démarque Sydney de toutes les grandes villes du monde, c’est l’aisance avec laquelle on assume de rentrer dans une boutique de seconde-main et la démence visuelle t’attaquant dans tous les recoins. Ainsi jeune fille, tu te promènes dans le hasard des rues et des panneaux de circulations tandis que ces Vinnies paraissent suivre ta route ; ne t’aventure pas trop les samedis matin dans Glebe, car le marché pourrait semer le doute dans le champ de tes économies.

Et enfin, si tu es plutôt du genre à célébrer l’odeur de la robe neuve et des étiquettes cartonnées, je te déconseille fortement les quartiers de Surry Hills et Darlinghurst, ou encore de rentrer dans les Westfields, ces centres commerciaux qui te rappellent combien l’Europe c’est tout petit.

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Vouant une admiration pour les reliques vintages, comme ce bon vieux sweat Mickey, ce jean taille haute et compassé mais aussi cette chemise classique du Vogue avril 1956, mes premiers émois se tarissaient dans la clarté des vitrines de King Street, ode aux amoureux d’histoires de modes. C’est ainsi que tu fais la connaissance de Greg, ce commerçant à tel point qu’il en devient ton ami (avoir le bon sens du commerce.) Tu consacres au moins une heure de tes journées à venir lui rendre visite et admirer, sinon infester car tu es ce cloporte envahisseur et candide affamé de nouveauté, l’arrière boutique. « Collective Ensemble » (500 King Street, Newtown 2042) c’est le nom du shop de ce passionné de vêtements à dépoussiérer. Il t’explique que les Australiens pour la plupart ont tendance à surconsommer : ils gaspillent, achètent et jettent au bout de quelques mois.

Lui ce qu’il aime (les tatouages et les animaux à part) c’est donner une seconde chance avec un zeste d’acidité personnelle ; une recoupe, une semelle et un peu d’amour. Tu essaies ses chapeaux en cuir et feutrine typiquement australiens et reste fascinée par son goût pour la sélection.

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Mais Sydney n’est pas seulement l’art du remodelage, la ville est un bouillon culturel qui se porte sur corps nus. Les influences koréennes, japonaises ou indonésiennes, soufflent sur les longues jupes des filles et les boucles de barbes américaines des garçons se défrisent à la moindre appellation « Hipsterienne ». La liberté de porter ce qu’il te plaît.

La fantaisie urbaine n’est certainement pas anodine à la structure économique du lieu, vous y rencontrerez de nombreux locaux travaillant dans l’industrie de la mode et de la photo. Armstrong a marché sur la lune, toi tu as remplis le bloc de ta valise, peu fière mais des étoiles pleins les yeux, te demandant quel objet il faudra lester en premier ; si cette culotte est si importante que ça dans la place de ton coeur et si tu ne devrais pas plutôt poser ce chapeau directement sur ta tête. D’ailleurs, il vaudrait mieux jeter ce qu’on possédait à notre arrivée puisque tous ces vieux vêtements comment les porter avec ces nouveaux kilos culinaires à jeter eux aussi ? Dieu, c’est compliqué d’être une gonze.

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Ecrit par Julie Mandruzzato
www.Presquebien.com

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