S’expatrier en Australie est toujours plus simple et agréable en couple que tout seul. Cécile a souhaité partager son expérience personnelle, en tant que conjointe. Car en tant que “suiveuse”, il y a des concessions plus difficiles à faire que d’autres. Surtout quand Monsieur veut partir au bout du monde. L’Australie pourquoi pas en vacances mais s’y installer, c’est une toute autre histoire !

La préparation

Elle est essentielle ! Pourquoi ? Pour éviter les reproches à son conjoint à coup de « c’est touuut que de taaaa fauuuute » à la moindre difficulté et mettre en péril son couple. (On ne va pas se mentir, il y a eu droit ! Notamment après qu’une araignée ait pondu dans mes vêtements !)

En tant qu’infirmière, si je voulais travailler, il me fallait reprendre mes études depuis le début. Ce n’était pas une option. Alors, quoi faire ?  

J’ai toujours voulu écrire un roman sans jamais me donner les moyens de le réaliser. C’était le moment de se lancer…et cette fois-ci sérieusement. 

Conseil 1 : C’est le moment de se réinventer, donner vie à une passion, développer un projet concret ou encore de changer de carrière. 

Conseil 2 : L’expatriation est un grand chamboulement et peut-être mal vécue. N’hésitez pas à demander de l’aide pour débloquer une situation. Ex : Faire appel à un(e) coach de vie français(e) ou un(e) psychologue français(e) en ligne. Vous pouvez trouver une liste de professionnels de la sante agrées (sur toute l’Australie) sur le site du consulat de France de Sydney.

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Les six premiers mois

Bien sûr, l’aventure a commencé avec un WHV. Un aller simple et 25 kilos de bagages plus tard et nous voilà arrivés sur Brisbane. 

Au programme des premières semaines : découverte de la ville, des bébêtes mignonnes, des bébêtes effrayantes et recherche d’emploi en informatique pour Monsieur. 

Après deux mois de recherche infructueuses, déménagement sur Sydney avec un sponsorship à la clé.

De mon côté, le roman commence à prendre forme. J’installe une routine d’écriture au café en bas de chez moi. Le reste de mon temps libre, je fais du bénévolat à la médiathèque de l’Alliance française pour garder un lien avec ma culture. 

Conseil 1 : Prendre des cours d’anglais. Je ne l’ai pas fait et j’ai regretté.

Conseil 2 : S’inscrire au consulat comme résident. En cas de perte ou de vol de vos papiers d’identité, vous serez content d’être déjà enregistré. Ça fait gagner un temps précieux en cas de remplacement de vos documents officiels ! C’est une étape obligatoire pour débuter n’importe quelle démarche administrative.    

Le sponsorpship

La carrière de Monsieur décolle enfin. Le contrat est signé. L’aventure continue pour au moins 4 ans.

Il est temps pour moi de me lancer et de faire autre chose. Je tente ma chance à la seule chocolaterie française de la ville et j’obtiens un part-time qui se transforme en full-time. 

Après un an, je quitte le monde merveilleux du chocolat pour rejoindre l’équipe de la médiathèque de l’Alliance française. Devenir bibliothécaire, un rêve de gosse qui se réalise. 

On abandonne peu à peu le rythme backpacker pour adopter le mode de vie australien. Lever aux aurores, café à la plage avant de partir au travail. Fêter Noel en juillet ! Voyager toujours autant, notamment en week-end. Nous célébrons notre union en nous mariant. Notre famille s’agrandit avec ladoption dun chat. Notre réseau se développe progressivement : le café en bas, l’association de quartier, les meetups. On regarde nos amis d’expatriation partir. Une fois, deux fois, trois fois. On se fait une raison, on apprend à juste profiter de l’instant. Et finalement, on ne se voit plus partir. Malgré ça, on garde encore un lien très fort avec les amis de France. On passe les voir quand on rentre mais surtout on garde le lien avec des petites attentions (cartes postales, petits colis…). 

Conseil 1 : Trouver un moyen de connecter avec la communauté locale et s’y investir. Le give back community est un concept très important en Australie. Ça reste encore le meilleur moyen de s’intégrer.  Faire du bénévolat permet de sortir de chez soi, de rencontrer du monde et aussi de commencer à se construire un réseau. 

Conseil 2 : Les départs successifs des proches avec qui on a connecté émotionnellement peuvent être vraiment difficiles à gérer. Ils conduisent parfois à un repli sur soi, voire un début de dépression. Si vous rencontrez une difficulté à faire face, il y a des lignes d’écoute ou des groupes de discussion spécialisés pour les expatriés. (Beyond Blue/RUok)   

Le visa permanent et la couverture santé

Il tombe en six jours ! Contrairement à la grande majorité des expatriés notre parcours a été relativement facile. Avant les réformes, les démarches administratives étaient plus accessibles et moins onéreuses.  

On a enfin Medicare ! Ça tombe bien, quelques temps plus tard, je suis diagnostiquée avec une maladie génétique qui fait vieillir mes articulations plus vite que moi. Pas un truc trop grave mais assez handicapant pour remettre dans la balance la décision de rester. Même si on a le choix de rentrer, je préfère vivre ma maladie ici. Le climat est meilleur et surtout on est bien entouré. Il parait même que c’est la recette du bonheur ! 

Le visa permanent nous a permis d’investir plus facilement dans l’immobilier car il exempte des 20% d’apport obligatoire quand on est étranger. 

Est-ce que la France nous manque ? Par moment. C’est le lot de chaque migrant. 

Conseil 1 : Investir dans l’immobilier. C’est plus facile et plus simple qu’en France et c’est encore le meilleur moyen d’assurer ses vieux jours.

Conseil 2 : En cas de maladie longue durée, on a tendance à penser que la France est plus compétitive que l’Australie. L’accès aux soins est effectivement plus cher mais la société est bien mieux adaptée au handicap, notamment dans les entreprises.  

La citoyenneté

Il y a deux sortes de cérémonie. Celle en grandes pompes ou celle de quartiers plus simples. On a opté pour celle-là. Devenir citoyen, c’est un état d’esprit. 

Le gros plus, c’est d’avoir deux passeports ! (J’avoue que je me suis sentie une âme d’agent double.) Et d’autant plus de possibilités de voyage. 

Voter pour la première fois a été une des expériences les plus étranges de ma vie de citoyenne. 

citoyennete australie

Le bilan

Au bout de 11 ans : Que du bonheur ! 

Un couple plus solide que jamais.

Une aventure de vie incroyable. L’Australie m’a donné le luxe du temps et m’a permis de me concentrer sur ce qui me rend vraiment heureuse. J’ai été publiée (pas le premier roman mais le deuxième), j’ai monté ma boite, je vis au bord de l’océan et tous les jours, je peux marcher sur le sable. 

Les petites choses qui nous ont fait une différence :

  • Regarder le journal de 20h en cas de mal du pays. 
  • Trouver un quartier qui correspond à notre mode de vie.
  • Adopter un chat. Certes, je suis devenu son esclave mais elle mange les cafards ! 
  • Instaurer des traditions. Pour nous c’est les repas de Noel. Deux fois dans l’année (en juillet et décembre) en grandes pompes avec tous les copains.

Je vous souhaite à tous une bonne route sur votre chemin personnel.

Article rédigé par Cécile Reyes

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