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Le Diable de Tasmanie

Le Diable de Tasmanie

Le diable de Tasmanie est une espèce de marsupial vivant exclusivement en Tasmanie. Espèce protégée depuis 1941, le Diable voit cependant sa population diminuée depuis les années 1990. Les individus seraient touchés par un mystérieux cancer qui aurait déjà ravagé près de 80% de la population selon les estimations. 

Caractéristiques du Diable

Habitat

  • Le diable de Tasmanie vit essentiellement dans les forêts de la Tasmanie (Australie).
  • Il apprécie les plaines herbeuses, mais surtout les forêts sèches d’eucalyptus
  • Leur population est en déclin depuis 1996. Entre 10 000 et 25 000 individus sont à l’état sauvage.

Physique

  • Sa taille varie selon son régime alimentaire, son habitat et son sexe.
  • Les mâles adultes peuvent peser jusqu’à 14 kg et atteindre une hauteur de 30 cm au garrot.
  • Proportionnellement à sa taille, le diable est le mammifère aux mâchoires les plus puissantes !
  • Sa corpulence est trapue et épaisse, avec une tête relativement grande et large.
  • Sa graisse est étonnement accumulée dans sa queue.
  • Ses pattes avant sont plus longues que ses pattes arrière.
  • Le Diable de Tasmanie porte une fourrure principalement noire, avec des marques blanches sur la croupe, les flancs et la poitrine. Ses marques varient en taille et en forme. Certains diables sont totalement uniformes.
  • Le diable sent fort quand il est stressé.

Alimentation

  • Le diable de Tasmanie est un marsupial carnivore et un charognard.
  • Il est même le plus grand marsupial carnivore au monde !
  • Avec sa puissante mâchoire il capture de petits mammifères, oiseaux et poissons.
  • Parfois il lui arrive de se nourrir de cadavres d’animaux en décomposition ou de manger des insectes, des larves ou des serpents.

Comportement

  • Il est généralement nocturne.
  • Il a un tempérament plutôt timide et méfiant
  • Son espérance de vie est d’à peine 6 ans.
  • La mère peut faire des portées de 20 à 30 individus, pour une femelle de seulement 6 mamelons. Dès la naissance, ils doivent donc se battre pour survivre. Seuls 3 ou 4 y parviennent…
Fraser Island 75 mile beach

Origine du Diable de Tasmanie

Autrefois présent sur l’île continent, le Diable de Tasmanie se serait éteint il y a environ 3500 ans. La découverte de restes fossiles prouve leur disparition bien avant la colonisation européenne. Un collier constitué de dents du Diable de Tasmanie a été trouvé sur un lieu de sépulture aborigène datant d’environ 7000 ans. Aridité, changement climatique, propagation du dingo (chien sauvage) et sûrement des maladies sont de possibles raisons de leur extinction sur le continent. Le Diable a donc survécu en Tasmanie uniquement.

Il fut ensuite chassé pendant de nombreuses années car considéré comme une menace pour les élevages de volailles. En 1830, la société Van Diemen’s offrit même une récompense pour chaque Diable et Tigre de Tasmanie tué sur sa propriété. Pendant plus d’un siècle, les Diables ont été piégés et empoisonnés. Les premiers colons les auraient même mangés (décrivant un goût proche du veau). Les Diables de Tasmanie ont donc été considérés comme en voie d’extinction. Ce n’est qu’en 1941, après avoir fait disparaître le dernier Tigre de Tasmanie, qu’une loi apparaît pour enfin protéger la race.

C’est à partir de 1996, que les diables de Tasmanie sont de nouveau menacés. Cette fois-ci par des tumeurs cancéreuses (Devil facial tumeur disease, ou DFTD)

Pourquoi l’appelle-t’on le diable ?

C’est vrai au final, il est plutôt mignon. Et, au vu de sa taille… pas franchement effrayant non plus ! Ce nom lui a été donné en raison des cris qu’il pousse. Même si le Diable de Tasmanie ne vit pas en meute, il se retrouve régulièrement avec ses congénères pour partager la même proie. Alors pour se faire une place, ils poussent des cris stridents, et si nécessaire, quelques morsures feront la différence. Carnivore opportuniste, il a la réputation d’avoir les yeux plus gros que le ventre. Il aurait un léger faible pour les wombats, mais se satisfait largement de moutons, oiseaux, wallabies, insectes ou reptiles. Quand il est à table, il ne laisse rien, les os, la peau, tout y passe !

Fraser Island 75 mile beach

Une espèce menacée

Une tumeur ravageuse

Malheureusement, depuis 1996, l’espèce est sévèrement touchée et menacée par une tumeur cancéreuse (DFTD), transmissible par contacts lors des reproductions et combats. Il s’agit d’une des 3 seules maladie cancéreuse contagieuse.

Diable Tasmanie Maladie cancer
Credit : Save The Tasmanian Devil

La population des Diables aurait décliné de 80% depuis l’apparition de la maladie. Le Diable de Tasmanie est passé de 140 000 cas à seulement 20 000.

Cette tumeur entraîne la mort après 3 à 8 mois de contamination. Soit à cause des effets directs de la maladie les atteignant physiquement, soit de la faim. En effet des tumeurs au niveau de la bouche peuvent les empêcher de se nourrir.

Un projet pour sauver l’espèce

Un petit groupe de Diables non atteints par la maladie ont été envoyés en novembre 2012, dans le Maria Island National Park (une île au large des côtes de la Tasmanie). Les chercheurs ont sélectionné 15 individus en bonne santé pour les relocaliser. Depuis, d’autres individus ont été relâchés sur Maria Island en novembre 2013 et novembre 2017. Au total 34 Diables ont été relâchés sur l’île.

Les diables de Tasmanie ont eu cinq saisons de reproduction réussies sur Maria Island. La population atteignait environ 103 animaux début 2018. Certains des diables de Maria Island nés dans la nature ont ensuite été introduits en Tasmanie. En 2016, 17 animaux adultes ont été retirés de Maria pour être relâchés à Stony Head. De plus, 24 adultes et 38 jeunes ont été retirés en 2017 et relâchés dans le parc national Wukalina / Mount William

Leur situation actuelle

Il semblerait donc que le projet du Maria Island National Park fonctionne et soit en progrès pour sauver l’espèce ! 

Les chercheurs travaillent encore aujourd’hui sur un potentiel vaccin.

Il y a des raisons de croire que le diable de Tasmanie peut être sauvé. En 2015, Menna Jones, spécialiste de l’espèce à l’Université de Tasmanie à Hobart et titulaire du National Geographic, a observé que certains diables semblaient s’adapter à la maladie. « Nous avons vu sept, peut-être huit animaux dont les tumeurs ont régressé ». Si vous souhaitez faire un don à la fondation Save The Tasmanian Devil, rendez-vous sur leur site : nre.tas.gov.au/save-the-tasmanian-devil-program

Credit: The Maria Island Walk
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