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Immigrer en Australie avec des enfants – Expérience de Catherine

Immigrer en Australie avec des enfants – Expérience de Catherine

Après un premier voyage de noce en Australie, Catherine, son époux et leurs enfants ont décidé de tenter leur chance et repartir à zéro. En 2011, ils atterrissent à Sydney et commencent alors leur vie d’expatriés en Australie. Découvrez leur expérience, conseils et leur nouvelle vie au pays des kangourous !

Notre premier voyage en Australie

Quand mon mari m’a proposé d’aller en Australie pour notre voyage de noce, l’idée ne m’attirait pas trop car je ne voyais pas cette destination comme romantique. L’Australie ne me parlait pas beaucoup. J’avais juste les images de « Crocodile Dundee » et « Skippy le Kangourou ». Depuis quelques années, on entend beaucoup plus parler de l’Australie mais à cette époque-là le pays n’était pas au top des destinations touristiques. Je pensais qu’il n’y avait pas grand chose, à part des kangourous et  de vastes espaces désertiques.

Puis quand j’ai commencé à rapporter des brochures d’agences de voyage, j’ai découvert des photos qui ont ouvert mon intérêt. Et plus je creusais les choses à voir et à faire, plus je découvrais un pays extraordinaire, plus j’étais excitée de découvrir toutes ces merveilles. La plus grande difficulté était de sélectionner les meilleurs endroits où aller !

Nous sommes donc partis 3 semaines en arrivant à Darwin, puis direction Cairns, Alice Spring, Uluru, Heron island , Adelaide, Kangaroo Island, et Sydney.

Quand je voyage je suis toujours excitée de découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles cultures, et question paysages l’Australie nous a subjugué. En 3 semaines nous sommes passés par des paysages si différents. Des territoires du nord  à la luxuriance de la région de Cairns, en passant par le désert australien, une île paradisiaque avec une barrière de corail comme un aquarium devant la porte de notre bungalow, au froid de kangourou island et son crachin breton et en finissant par Sydney, la grande ville moderne. Mais ce qui nous a vraiment le plus marqué c’est en effet Sydney. Je ne me verrais pas habiter dans le désert même si je suis tombée sous son charme. Sydney nous a tout de suite séduit. C’était comme un coup de foudre, en un battement de cils, Sydney est rentrée dans notre cœur. Cette ville a tout : elle est belle avec des côtes découpées, ses petites plages parfois cachées, son centre-ville ultra moderne avec des tours qui s’élancent vers le ciel comme à New York et ses banlieues verdoyantes. Un style de vie a l’américaine mais avec la mentalité européenne, une ville multiculturelle, jeune et dynamique. Le climat est aussi juste idéal rarement très froid et rarement très chaud, beaucoup plus ensoleillée qu’à Paris (en même temps, Paris n’est pas réputé pour son beau temps …)

J’ai aimé  l’ambiance décontractée, la bonne humeur des australiens et leur simplicité. Le sentiment de sécurité, on se sent protégé ici et en même temps que tout est possible. Si on veut aller de l’avant, créer un business on se sent libre, en confiance, en tout cas beaucoup plus qu’à Paris !

Un retour en France difficile

Le retour en France fut un vrai déchirement. Je me sentais vide, ayant laissé derrière moi un morceau de mon cœur. D’habitude je suis aussi contente de partir en voyage que de revenir chez moi, mais là, c’était très dur. Plus rien ne me faisait vibrer en France, je me disais sans cesse « mais qu’est-ce que je fais la ? » ou bien « Ahhhhh , si j’étais là-bas … » cela a duré 3 mois environ à ne plus avoir envie de rien à part repartir là-bas.

Malgré notre envie de repartir en Australie, il n’était pas facile de tout lâcher du jour au lendemain. Nos familles, nos métiers, puis nous avons eu des enfants et la vie se construisait avec de nouveaux challenges, l’achat d’un logement etc… La routine se réinstalle progressivement et honnêtement nous n’étions pas malheureux en France. Nous avions une vie plutôt confortable, donc pas vraiment de réel désir vital de quitter notre pays. Puis les années passant,  les enfants grandissant, le poids de la pression et le rythme scolaire sur les épaules de nos enfants ainsi que sur les nôtres devenait insupportable, il était de plus en plus difficile de supporter Paris. Son insécurité constante, la présence policière où que nous allions, la mauvaise humeur ambiante, le manque de visibilité pour le futur de nos enfants, nous désirions une autre vie que celle-là.

 

L’envie de repartir en Australie

L’élément déclencheur a surtout été nos enfants. Mais la perte d’emploi de mon mari nous a aussi donné l’occasion de repartir à zéro. Nous avions envie d’un profond changement de vie, et très envie que nous enfants aient la chance de devenir bilingues (en France on nous avait dit que notre fils dyslexique, ne pourrait jamais devenir bilingue et que c’était même déconseillé d’essayer. Heureusement que je suis têtue, et que j’aime mieux écouter mon intuition que les bons conseils des soit disant professionnels !). Nous avions envie de plus de liberté, de vivre plus dehors, d’être plus sereins dans nos vies, et plus cool. Pari réussi !!! 

Nous avons commencé les démarches depuis la France 1 an et demi avant de partir. Entre les traductions de documents par des traducteurs assermentés NAATI, le passage de l’IELTS (test de langue), et autres… sans utiliser les talents d’un agent d’immigration, ce n’était pas simple et voyant que la situation n’avançait pas trop nous avons décidé de partir.

 

Immigrer en Australie sans visa permanent 

Nous avions 39 et 42 ans quand nous sommes arrivés en Australie. Après son licenciement, mon mari a fait du freelance dans le conseil. Il a créé sa société et nous l’avons utilisé pour nous auto-sponsoriser. A l’époque (je ne sais pas si ça existe encore …) il y avait des cabinets à Sydney qui accordait un visa sponsorisé  a environ 10 personnes par an. En gros nous étions à la fois leur employé et leur client. Nous leur donnions le salaire qu’ils allaient nous reverser + une commission mensuelle pour eux. Cela nous a couté très cher, et entre tous les frais de logement, d’école pour les enfants etc… l’intégralité de la prime de licenciement que nous avions gardée de côté y est passée. Nous pensions pouvoir tenir 1 an avec le montant de cette prime et en 4 mois elle avait disparue.

Mais au moins nous avons pu rester.

Mon mari a trouvé une mission de conseil à faire ici et après 6 mois de notre arrivée en Australie nous avons obtenu la résidence permanente. Dès que nous avons obtenu ce sésame, la même société lui a proposé un emploi à durée indéterminée. Un an et demi de démarches en France + 6 mois en Australie, cela fait 2 ans, soit le délai légal et minimum pour obtenir la résidence permanente (à l’époque). 

 

Nos difficultés d’immigrés en Australie

Une des premières difficultés fut de trouver un logement car sans emploi, sans garant, sans références et sans historique dans le pays ce n’était pas évident. D’autant plus nous souhaitions être à côté de l’école où nous avions décidé d’inscrire nos enfants. Nous avons eu de la chance (il en faut !) de trouver tout de suite. 

Deuxième difficulté, trouver un emploi. En France mon mari occupait des postes de directeur financier dans de grands groupes mais ici les diplômes Français ne valent rien. L’expérience ne comptait pas car elle n’était pas australienne, et mon mari étant d’origine indienne, il est clairement plus difficile d’accéder à un poste à hautes responsabilités. Ce dernier point est tout aussi valable en France, donc les Australiens ne sont pas plus ségrégatifs que les Français.

Mon mari a donc dû se résoudre à changer de branche, à accepter un travail en dessous de ses qualifications. Mais c’est le prix à payer pour réaliser son rêve. Et nous ne le regrettons absolument pas.

 

S’expatrier avec des enfants

Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’est pas vraiment difficile de s’expatrier avec des enfants. Les gamins sont flexibles et s’adaptent bien plus rapidement que les adultes. Notre fille était en école bilingue à Paris. Elle a dû passer un test de langue et son niveau fut donc évalué suffisant pour rentrer directement à la High School sans avoir à passer par un stage intensif d’anglais. Notre fils lui, ne connaissait pas un mot d’anglais. Mais en primaire il n’y a pas de test de langues pour entrer, donc tous deux ont été admis directement à la rentrée scolaire de Février.

Les écoles primaires mettent en place un programme intensif pour tous les nouveaux arrivants non anglophones et ainsi les enfants apprennent l’anglais très rapidement. Malgré les difficultés liées à la dyslexie, notre fils a réussi à devenir bilingue en 2 ans. Ca aura pris plus de temps qu’un enfant non dyslexique mais je suis contente d’avoir fait mentir tous ceux qui nous disaient que ce serait impossible. Et je vous rassure il va très très bien, et poursuit des études normales !

Il n’a pas été complique d’inscrire nos enfants à l’école car nous étions en visa sponsorisé. Par contre ça nous coûtait plus cher, voire très cher. Lorsque nous sommes passés en résidence permanente, nous n’avions plus a payé et je signale que le gouvernement australien nous a même remboursé le montant au prorata des jours restant de l’année en cours.

Bilan de notre expatriation 

Suite à l’obtention de la résidence permanente nous avons pu trouver un travail en CDI, ne plus payer l’école des enfants, et avons pu prétendre a de nombreux droits comme la sécurité sociale australienne, pouvoir acheter une maison, etc…

Socialement, je dois avouer que nous n’avons pas autant d’amis qu’en France et parfois on se sent un peu isolé. Cela pèse un peu pour mon mari, moi pas tellement. Il a été plus simple pour nos enfants de s’intégrer que nous. Ils se sont vite fait de bons amis, grâce à l’école.

Sinon bien sûr qu’il a fallu prendre ses marques, à la fois découvrir les us et coutumes australiens, mais cela s’est fait tranquillement et avec l’aide de quelques français déjà installés ici.

Il nous a fallu quand même deux bonnes années pour se sentir vraiment chez nous. Malgré tout on se sent toujours plus Français qu’australien, même si nous avons désormais la nationalité.

Nous rentrons tous les ans en France en juillet quand c’est l’été en Europe et l’hiver à Sydney, mais je ne considère pas cette période comme des vacances. C’est la course pour voir tout le monde et essayer de faire plaisir à tous.

Plus je rentre en France plus je sens le décalage entre les deux pays et moins j’ai envie de revenir vivre en France. Pourtant nous avons un si beau pays ! Mais maintenant que nous avons gouté à un autre style de vie ce n’est plus envisageable… 

Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde, j’ai même regretté de ne pas être venue plus tôt, quand nos enfants étaient plus jeunes.

 

Quelques conseils pour les futurs expatriés

Ne pas arriver ici en pays conquis comme je peux le voir chez certains français. Il faut rester humble, prendre le temps de découvrir les richesses qu’offre ce pays (mais ceci est valable partout dans le monde !). Il faut aussi perdre la mauvaise habitude de tout critiquer qui empêche de s’ouvrir et savourer. 

Si on souhaite venir définitivement en Australie, il faut s’accrocher à ses rêves, ne pas baisser les bras. Même quand c’est difficile et qu’on en voit pas le bout. L’Australie se mérite, et « impossible » n’est pas Français alors soyez persévérant, ça en vaut la peine !

Si vous venez avec des enfants, ne cherchez pas à en faire trop pour qu’ils apprennent l’anglais. Le fait d’être baigné dans l’anglais toute la journée à l’école est suffisant pour qu’ils deviennent bilingues. Au contraire, il faut tout faire pour conserver le français qui s’oublie très vite : radio en français, TV en Français, parler français à la maison…

Être prêt à réduire son niveau de vie ou à changer de métier pour rester ici car d’autres choses viendront compenser. Et ici il n’y a pas besoin de dépenser de l’argent pour s’amuser; une balade dans le bush, une après-midi plage, un barbecue entre amis… ces choses simples vous suffiront croyez moi !

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