Chaque année, plus de 20.000 jeunes français s’envolent vers l’Australie avec un PVT en poche. Ils partent généralement pour 1 à 2 ans. Le but de ce visa est de travailler et de voyager en même temps. Grâce à ce visa, vous pouvez vous faire une première expérience à l’étranger, améliorer votre anglais, découvrir une nouvelle culture et explorer ce magnifique pays.

Le visa temporaire s’obtient très facilement via le site du gouvernement australien. La plupart du temps, la demande de visa est validée dans la minute qui suit votre demande. Mais que peut-on faire après un PVT en Australie ? Est-il possible de rester dans le pays ? Nous avons sélectionné 5 profils qui vous racontent ce qu’ils ont fait après leur PVT en Australie.

#1 Rester en Australie avec un visa étudiant

Pour vous il est hors de question de rentrer en France après cette folle aventure. Sachez que c’est le cas d’un grand nombre de vous. Il est bien évidemment possible de rester en Australie. Une des pratiques courantes est de prendre un visa étudiant pour rester étudier dans le pays. Vous pouvez étudier dans de nombreux domaines comme l’anglais, le marketing, la communication, la photographie, la danse… A 22 ans, Jessica a décidé de reprendre ses études en Australie après son Working Holiday Visa. Arrivée en Australie en octobre 2016, elle nous explique comment elle est restée.

“Je suis arrivée avec un WHV, c’était ma première expérience dans un pays étranger et je dois avouer que le côté “no worries” australien m’a beaucoup plu. Je viens de Paris donc la différence a été plutôt flagrante pour moi. J’avais envie de continuer cette expérience tout en faisant quelque chose que j’aimais donc j’ai décidé de rester et de poursuivre mes études.”

Qu’est-ce que tu étudies, et où ?

“J’ai une licence en relations internationales en France, donc j’ai décidé de poursuivre et de faire un master en relations internationales. J’ai fait ce choix parce que j’avais envie de rester mais aussi pour ma future carrière. En effet, il est préférable d’avoir un excellent niveau d’anglais (que je n’avais pas du tout avant de venir en Australie). La valeur sur mon CV elle aussi n’est pas négligeable car l’université dans laquelle j’étudie (UNSW) est très bien réputée à l’internationale.”

Quelles sont les démarches pour obtenir un visa étudiant ?

“Pour ma part, j’ai contacté un agent d’immigration. En tant que française et pour faire un master (qui, il faut le dire, coûte un bras) les démarches sont simples. J’ai eu la réponse pour mon visa en moins de 24h. En ce qui concerne le prix du visa en lui même, il ne coûte pas si cher que ça. Si mes souvenirs sont bons, j’ai du payé un peu moins de 1000$. Ce qui coûte cher c’est l’université; pour ma part je paye 37 000$ par an”.

Comment finances-tu tes études ?

“J’ai la chance d’avoir des parents qui ont les moyens de financer mes études et donc ce master. Par contre pour mes dépenses quotidiennes (loyer, nourriture, forfait téléphonique, etc.) je me finance toute seule. Je travaille actuellement chez Zara à raison de 20h par semaine. Le niveau de vie avec 20h ne fait pas rêver et c’est assez dur de vivre correctement avec ce genre de limitation de temps de travail. Mais en tant qu’étudiante, j’ai le droit de travailler maximum 20h par semaine et 40h pour deux semaines. Durant les vacances scolaires, nous avons le droit de travailler autant d’heures que souhaité.”

As-tu remarqué des différences entre les études en France et en Australie ?

“Oui. Pour être honnête, le niveau demandé en France est beaucoup plus haut que le niveau australien.” 

Est-ce que la France te manque ?

“Oui, beaucoup. Cela fait maintenant 3 ans que je suis ici et je pense de plus en plus à me rapprocher de la France à la fin de mon master, peut être aller quelque part en Europe. Même si j’ai l’opportunité de rester en Australie.”

Rester en Australie avec un visa étudiant

#2 Rester en Australie pour y travailler

Si vous souhaitez rester dans ce pays, le sponsorship peut être une solution. Un employeur australien doit vous offrir un emploi qualifié en échange du visa. Il y a des conditions assez strictes à respecter. Ce n’est pas le visa le plus facile à obtenir, mais vous aurez parfois un peu de chance et vous rencontrerez la bonne personne. C’est le cas de Robin, 29 ans, arrivé en Australie en 2015 après un PVT en Nouvelle Zélande. Il est aujourd’hui menuisier et nous raconte comment il a obtenu son visa.

“Pour trouver mon sponsorship, je me suis clairement bougé et j’ai travaillé pour. Ce n’est pas si facile. Mon employeur m’a beaucoup aidé, ainsi qu’un agent d’immigration pour les démarches. D’ailleurs, je recommande fortement d’avoir un agent pour faciliter la procédure. J’ai eu tout de même beaucoup de chance de rencontrer la bonne personne qui m’a aidé à rentrer dans ma boîte actuellement. Et encore, aujourd’hui ils ont modifié les règles du sponsorship. C’est devenu un peu plus difficile à obtenir.”

Ce type de visa coûte-il cher ?

“Plutôt oui, pour ma part c’était 10.000 dollars. Mais je gagne bien ma vie au travers de mon métier. J’ai donc rentabilisé assez vite ce coût.”

Les employeurs australiens ont-ils une bonne image des français ?

“Cela dépend vraiment, c’est du cas par cas. Les miens ont eu de bonnes expériences avec les français donc c’était sympa. Puis mon profil est assez recherché en Australie. Mais je m’estime très chanceux d’avoir obtenu ce sponsor. J’ai tellement d’amis qui ont dû rentrer en France car ils n’en ont pas trouvé.”

Pourquoi être resté en Australie ?

“Je le savais déjà en arrivant. Après mon PVT en Nouvelle Zélande, je suis rentré en France. Mais à peine arrivé, je me suis dit que ça allait pas. J’avais trop changé du coup j’ai économisé pendant puis je suis repartie en Australie. Lors de mon précédent PVT en Nouvelle Zélande, j’avais croisé pas mal de backpackers qui en disaient du bien. Et puis on va pas se le cacher, la vie ici est quand même sympa. Bien sûr, la France me manque mais je ne suis pas sûr d’être capable de retourner vivre là-bas.”

A savoir : le sponsorship (457) a été supprimé en mars 2018. Il a été remplacé par le TSS.

#3 Rentrer en France et reprendre ses études

Difficile de rentrer en France après cette folle aventure que vous venez de vivre. En même temps, elle vous aura apporté beaucoup. Pour certain d’entre vous, elle vous aura même aidé à trouver un domaine d’études qui vous plaît. En rentrant, vous avez décidé de reprendre vos études. C’est le cas d’Arnaud, 23 ans, qui a repris ses études dans l’immobilier. Parti en Australie en 2015, il a commencé un BTS à la rentrée 2016. Il nous raconte son retour :

“De retour en France le 6 juin 2016, j’ai travaillé un mois puis j’ai attaqué un BTS. Mais cela ne m’a pas plu. Grâce à mon réseau, j’ai trouvé une agence immobilière pour y travailler. J’avais toujours été attiré par ce secteur. Une fois sûr de vouloir travailler dans ce secteur, j’ai repris des études avec un BTS Immobilier. Aujourd’hui, je continue avec une licence de promotion immobilière en alternance. Mon but est de devenir prospecteur foncier et à terme de devenir chef de projet immobilier. Mon plus grand rêve serait d’ouvrir ma propre boîte.”

Cela n’a pas été difficile de reprendre tes études ?

“Non pas trop, je m’étais fait une raison. C’était un peu le deal avec mes parents aussi de reprendre mes études à mon retour car je n’avais que le bac. Je n’avais pas trop le choix.
J’ai étrangement plutôt bien vécu mon retour. J’ai toujours été fan de mes voyages à les vivre à 100%. Mais j’ai toujours aussi aimé rentrer à la maison, revoir les amis et la famille et surtout retrouver ma ville : Marseille !”

Est-ce que l’Australie t’a beaucoup apporté ?

“Oui, à tous points de vue. Je suis parti très jeune, et cela m’a apporté de l’indépendance et de la maturité. Et puis, j’ai surtout appris à parler anglais. Je me suis beaucoup assagi et pour les études c’est plutôt important pour moi. Avant, je n’arrivais pas à tenir en place en cours.”

Pour toi, quelle est la meilleure période pour partir en Australie ?

Avant ou après le début de ses études supérieures, mais surtout pas pendant. Je trouve que couper ses études le temps d’un an pour partir voyage c’est terrible. Au niveau des études, tu trouveras difficilement l’envie de redevenir “étudiant”.

#4 Rentrer en France et démarrer dans la vie active

Un grand nombre de jeunes français décident de passer un an ou deux en Australie après leurs études. Lors de leur retour en France, ils se lancent dans la vie active. C’est le cas de Sandra et Gautier, un jeune couple français parti en 2010 pour un PVT en Australie. Ils ont voyagé pendant 10 mois aux 4 coins de l’Australie tout en travaillant dans des fermes. A leur retour en décembre 2010, ils ont dû faire face à la réalité. En effet, Gautier a repris un boulot 3 jours après son retour en France. Sandra a trouvé un travail au bout de 2 mois. Ils nous en disent un peu plus sur ce retour à la réalité :

Cela n’a pas été trop difficile ce retour après cette folle aventure ?

Gautier : “Pour moi ça a été plus difficile que prévu, très grosse déprime. Je me posais beaucoup de questions si j’avais fait le bon choix. Nous venions de passer un an d’aventure intense. Chaque jour, on découvrait des nouveaux endroits qu’on ne reverra sûrement plus d’ailleurs. Alors, vous retrouver tous les jours dans le même bureau avec les mêmes collègues… c’était vraiment dur !”
Sandra : “Très dur aussi pour moi… surtout quand on est rentré en décembre en France alors que c’était le plein été là-bas. C’était pas facile de retrouver les contraintes ! Mais en même temps on savait très bien que cela ne durerait pas toute la vie.”

Que vous a apporté l’Australie pour votre job et vie perso ?

Gautier : “Pour être totalement honnête, au niveau de mon travail pas grand chose. En revanche, pour la vie perso… énormément! J’ai un goût plus profond pour le voyage, la nature, la découverte. J’ai surtout des souvenirs à raconter pour une vie entière !!
Sandra : “Au niveau perso, pareil que Gautier. Au niveau job, je dirais que j’ai tout de même bien progressé en anglais même si je ne suis pas revenue bilingue.”

Des conseils à donner à ceux qui souhaitent trouver un job juste après un PVT en Australie ?

Gautier et Sandra :”Difficile à dire… pour nous, il ne faut pas trop se presser, vivre son voyage à fond jusqu’à la dernière minute.”

Conseilleriez-vous de partir en PVT en Australie juste avant de rentrer dans la vie active ?

Gautier et Sandra : “Sans réfléchir une seule seconde !!”

#5 Partir en PVT dans un autre pays

Après l’Australie, vous ne voulez toujours pas rentrer en France et continuer à vivre l’aventure PVT, voici la solution ! Il est possible de partir en PVT dans d’autres pays comme le Canada, le Chili, le Japon, la Nouvelle Zélande, la Russie, … en tout 15 pays. Il arrive aussi que le retour en France soit plus compliqué que prévu. Certains décident de recommencer l’aventure PVT dans un de ces pays. Julie est partie en Australie en 2013 et 2014. En rentrant en France, il lui a fallu plus d’un an pour trouver un boulot intéressant. Le retour a été très difficile. A 32 ans, elle est sur le point de partir au Canada avec un nouveau PVT.

Tu repars en PVT dans quelques mois au Canada, pourquoi ?

“A mon retour d’Australie je n’avais qu’une envie c’était repartir ! Mais ma vie de couple a fait que nous nous sommes installés au lieu de repartir… De rester en France, de mettre autant de temps à trouver un travail m’a fait me sentir enfermée par rapport à la liberté que j’ai pu ressentir sur les routes australiennes ! Cela m’a valu une séparation au bout de 2 ans après être rentrée car je voulais absolument repartir et lui non. Depuis la séparation, l’envie de repartir était de plus en plus forte mais le courage me manquait. Puis un jour j’ai enfin pris la décision d’entreprendre les démarches pour le PVT Canadien. Mon départ est prévu pour mars 2020 et j’attends ce moment avec impatience d’autant plus que ce sera pour moi une première expérience de voyage en solo !”

Pourquoi avoir choisi cette destination ? Y-a-t-il d’autres PVT dans d’autres pays ?

“L’Australie était mon premier rêve, le Canada mon deuxième ! Pour expliquer un peu plus en détail : je suis déjà allée en vacances au Québec et j’ai toujours voulu y retourner tellement j’avais aimé l’ambiance du pays et les gens. J’avais également besoin d’un grand pays à visiter pour pouvoir à nouveau goûter à la vie sur la route, un pays avec de grands espaces, de la nature mais aussi de grandes villes à visiter. Je compte atterrir dans un premier temps au Québec, sûrement à Montréal, car je trouve rassurant pour un premier départ seule de pouvoir être dans un endroit qui parle ma langue… Mais je compte bien sillonner le pays et découvrir le côté anglo-saxon par la suite !”

Est-ce qu’il est facile d’obtenir un PVT canadien après l’Australie ?

“Le PVT canadien est plus compliqué à obtenir que le PVT australien. Cependant, je pense avoir eu beaucoup de chance car pour moi tout s’est déroulé très facilement !
Pour obtenir le PVT Canadien il faut d’abord s’inscrire dans un « bassin » auprès du gouvernement : www.cic.gc.ca

De là il faut attendre une « invitation », il y a des rondes d’invitations régulièrement durant l’année. Vous êtes obligés d’attendre une invitation avant de pouvoir entamer réellement les démarches. Pour ma part j’ai reçu l’invitation le lendemain de mon inscription (trop de chance !) mais cela peut prendre des mois ou même des années…
Une fois l’invitation reçue, les démarches peuvent être longues mais ne sont pas compliquées.”

Tu n’as jamais eu peur de faire ces choix de partir en PVT dans des pays aussi éloignés ?

“A aucun moment ! Je ne sais pas comment l’expliquer mais pour moi c’est presque une nécessité de partir, je le ressens au fond de moi, c’est un besoin qui m’appelle !

Alors oui, il est difficile de quitter sa famille, ses amis, son confort mais une fois qu’on y est on oublie tout ça. Je me suis rendu compte au final que d’être si loin m’avait fait me rapprocher des gens que j’aime car je donnais + de nouvelles, il y avait l’envie de partager et le retour était encore plus joyeux.”

Comptes-tu faire un autre PVT après le Canada ?

“Je ne pense pas faire un autre PVT par la suite tout simplement parce que j’aurai dépassé l’âge limite… Je ne sais pas comment se passera mon PVT au Canada, j’ai envie durant ces 2 ans d’entreprendre les démarches pour pouvoir demander le permis permanent parce que je veux avoir le choix de rester dans le pays si je m’y sens bien. Mais peut-être que j’aurai envie de rentrer en France, ou peut-être que j’aurai envie d’aller dans un autre pays et là je me renseignerai sur les visas possibles.”

Pour toi, pourquoi faut-il faire un PVT ?

“Pour moi ce n’est pas la question. En France, nous avons la chance d’avoir des accords avec plusieurs pays nous permettant d’y vivre et d’y travailler facilement grâce au PVT. Choisir ce type de visa c’est facile pour nous et une grande opportunité. Cela permet aussi de voyager et de découvrir le monde du travail sous différentes cultures. Comme le PVT a un âge limite, cela permet de vivre cette expérience en étant jeune et de pouvoir choisir par la suite de revenir en France ou pas, de s’installer quelque part ou de continuer à voyager sous d’autres formes.”

Que t’a apporté cette expérience en Australie en PVT ?

“Avant de partir, j’avais déjà le goût du voyage mais ce PVT m’a fait découvrir une autre façon de voyager : ne plus être en mode touriste mais vivre vraiment comme les autochtones ! En effet, maintenant je recherche vraiment à prendre le rythme de l’endroit que je visite, à parler + aux gens, à éviter les endroits trop touristiques. Je prends plaisir à me perdre dans une ville, juste marcher dans ses rues et me laisser guider par l’ambiance, les rencontres, etc.

Cette expérience m’a aussi appris à lâcher prise. Avant de partir j’avais tout organisé, tout était millimétré et au final rien ne s’est passé comme je l’avais prévu et heureusement ! Je suis revenue en étant plus détendue, plus à l’écoute de l’imprévu. D’ailleurs maintenant quand je pars en voyage je n’organise que le strict minimum.”

Faire un PVT dans un autre pays